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L'autisme, un trouble du développement

Un trouble du développement du cerveau commence la plupart du temps très tôt, souvent bien avant la naissance. L'ensemble du développement cérébral ultérieur sera donc influencé. On pourrait comparer cela avec le fait de se tromper de chemin lors d'une traversée des Alpes et l'impossibilité de faire demi-tour. On s'éloigne de plus en plus du chemin d'origine, on traverse via un autre col montagneux et on se retrouve finalement de l'autre côté, dans un autre village que celui initialement prévu. Il en va de même pour l'autisme ; c'est un autre chemin dans le développement.

La plupart du temps, les caractéristiques d'un trouble du développement sont également présentes très tôt ; on ne les remarque cependant pas toujours à un âge précoce. Elles sont parfois visibles quand le cerveau a atteint une certaine phase dans son développement ou lorsque l'individu doit apprendre de nouvelles compétences. Dans le cas de la dyslexie par exemple, on ne comprend ce qui se passe que lorsque l'enfant apprend à lire. En ce qui concerne l'autisme, on voit régulièrement que le développement de certains domaines – tel le langage – posent problème quand le cerveau a 1 ou 2 ans. Parfois, les premières étapes du développement se déroulent bien. L'enfant dit quelques mots, mais à l'âge de 15 ou 18 mois, le développement de la communication s'arrête ou régresse temporairement.

Dans le cas de l'autisme, le développement précoce n'est pas uniquement perturbé sur le plan comportemental. On observe chez de nombreux enfants une courbe de croissance du cerveau différente durant les trois premières années. La plupart du temps, les enfants qui semblent avoir de l'autisme par après, ont à la naissance un volume cérébral moyen. Au cours des deux premières années de leur vie, leur cerveau grandit cependant beaucoup plus vite que chez les autres enfants et, de ce fait, le volume cérébral se situe un peu au-dessus de la moyenne à l'âge de deux ans. Après trois ans, la croissance ralentit à nouveau, si bien que le volume du cerveau à l'âge adulte ne sera pas beaucoup plus grand en moyenne que chez les adultes n'ayant pas d'autisme. Quelque chose de fondamental se produit au cours de la petite enfance. C'est si difficile à étudier que nous ne savons pas actuellement de quoi il s'agit.

Le développement cérébral se déroule aussi différemment dans d'autres domaines. Ainsi, il ressort d'une étude que les parties du cerveau des personnes avec autisme sont activées différemment lorsqu'elles doivent résoudre certaines tâches comme par exemple, reconnaître les visages. Bien qu'à la naissance, un certain nombre de zones cérébrales soient déjà programmées pour mener à bien certaines tâches – comme, par exemple, les mouvements moteurs – une importante spécialisation des zones cérébrales ou des systèmes cérébraux s'acquièrent encore lors des premières années de vie, sous l'influence de ce que l'enfant expérimente au sein de son entourage. Si dans le cas de l'autisme, d'autres zones cérébrales sont utilisées – comme lors de la reconnaissance des visages, par exemple – cela signifie que la spécialisation du cerveau s'est déroulée différemment. Cette spécialisation a essentiellement lieu entre la naissance et la fin de la petite enfance.

Cette différence dans le développement intervient à divers niveaux et est en majeure partie irréversible. Par exemple, les différences anatomiques tel le volume cérébral sont définitives. Les zones cérébrales spécifiques à une tâche définie ne changent de fonction en aucun cas. Examinons, par exemple, la manière dont les enfants ordinaires apprennent une langue. Très jeune, cela se passe de manière naturelle ; ils sont même capables d'apprendre deux langues sans aucune difficulté. Alors qu'apprendre une nouvelle langue quand on a 40 ans se révèle une mission difficile : le cerveau s'est spécialisé lors de l'enfance dans les sons et la grammaire d'une ou deux langues et le processus d'apprentissage ne peut plus se faire automatiquement.

À partir de ces considérations sur les troubles du développement et sur l'autisme en particulier, nous pouvons conclure que de nombreux aspects du développement sont pratiquement irréversibles dans le cas de l'autisme.

Cependant, le cerveau des enfants plus âgés présentant de l'autisme peut effectivement apprendre, mais d'une manière différente et la plupart du temps, d'une façon moins naturelle que le cerveau d'un jeune enfant n'ayant pas d'autisme. Cette donnée plaide pour une intervention très précoce dans le cas de l'autisme. Le programme erroné à l'origine ne peut être réécrit complètement, mais le cerveau a néanmoins la possibilité d'apprendre à traiter les informations.

Par ailleurs, il n'existe aucun traitement connu pour les enfants ayant de l'autisme capable de totalement éradiquer l'affection. Le cerveau emprunte très tôt une autre voie et la meilleure chose à faire est de le faire travailler le plus tôt possible afin qu'il ne s'écarte pas trop du développement normal. Ainsi, grâce aux méthodes actuelles, les enfants avec autisme communiquent aujourd'hui plus souvent et mieux qu'il y a quelques décennies.